L'essentiel en 30 secondes
- Délai de prévenance : 30 jours minimum entre l'avis de contrôle et la première visite (sauf travail dissimulé)
- Période contrôlée : 3 années civiles + année en cours (5 ans en cas de travail dissimulé)
- Charte du cotisant contrôlé : opposable à l'URSSAF, publiée sur le BOSS depuis le 1ᵉʳ janvier 2026
- Contradictoire : 30 jours pour répondre à la lettre d'observations (prorogeable à 60 jours)
- Vice de procédure = nullité possible du redressement (jurisprudence constante)
Qui peut être contrôlé et pourquoi
Le contrôle URSSAF est encadré par les articles L. 243-7 et R. 243-59 du Code de la Sécurité Sociale. Toute entreprise versant des cotisations sociales peut faire l'objet d'un contrôle, qui vise à vérifier que les cotisations et contributions sociales ont été correctement calculées et versées.
Trois types de contrôle existent :
- Le contrôle sur place : dans les locaux de l'entreprise
- Le contrôle sur pièces : à distance, sur la base de documents transmis
- Le contrôle concerté : coordonné avec d'autres administrations (fiscale, inspection du travail). Doit être mentionné dans l'avis sous peine de nullité (Cass. civ. 2e, 16 février 2023, n°21-17.207)
En outre-mer, les contrôles portent souvent sur l'application correcte des dispositifs LODEOM : barème appliqué, calcul de la dégressivité, salariés éligibles. C'est la zone de risque principale.
L'avis de contrôle (30 jours)
Depuis le 14 avril 2023, suite au décret n°2023-262 du 12 avril 2023, l'URSSAF doit adresser un avis de contrôle au moins 30 jours avant la date de la première visite (auparavant 15 jours).
L'avis de contrôle doit obligatoirement mentionner :
- La date de la première visite
- Les coordonnées de l'agent chargé du contrôle
- L'existence de la Charte du cotisant contrôlé, son adresse de consultation, et la possibilité d'en recevoir un exemplaire
- Le caractère concerté du contrôle le cas échéant (à défaut : nullité)
Important : si l'URSSAF ne respecte pas le délai de 30 jours ou les mentions obligatoires, la procédure peut être annulée en justice. Le Tribunal judiciaire de Marseille (pôle social) l'a rappelé dans un jugement du 30 janvier 2025 (n°18/08190) : procédure annulée, mise en demeure annulée, URSSAF condamnée aux dépens.
En cas de suspicion de travail dissimulé, l'URSSAF est dispensée d'avis préalable (Article L. 243-12 CSS). Les inspecteurs peuvent intervenir directement dans les locaux. Le contrôle porte alors sur 5 ans au lieu de 3.
Déroulement du contrôle
La charte du cotisant contrôlé
La charte du cotisant contrôlé est un document opposable à l'URSSAF qui détaille les droits et obligations du cotisant pendant la procédure. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, conformément au décret n°2025-1338 du 26 décembre 2025, elle est publiée sur le site du BOSS (Bulletin officiel de la sécurité sociale), et non plus au Journal officiel.
L'examen sur place ou sur pièces
L'agent de contrôle examine les documents pertinents : DSN, bulletins de paie, contrats de travail, attestations, livre de paie. Pour les supports dématérialisés, depuis le décret du 12 avril 2023, l'entreprise doit transmettre des copies numériques sous forme de fichiers.
L'entretien de fin de contrôle
Depuis le 1ᵉʳ mai 2023, avant d'adresser la lettre d'observations, l'agent doit proposer un entretien à l'entreprise pour présenter les constats susceptibles de faire l'objet d'observations ou de redressement (Article R. 243-59-1 CSS).
La lettre d'observations
La lettre d'observations est le document central de la procédure. Elle formalise les éventuels chefs de redressement identifiés.
Elle doit :
- Être signée par les inspecteurs du recouvrement ayant procédé au contrôle (Cass. civ. 2e, 4 décembre 2025, n°23-16.339)
- Indiquer l'objet du contrôle, les documents consultés, la période vérifiée
- Détailler les observations faites pendant le contrôle
- Mentionner le droit de réponse du cotisant dans un délai de 30 jours (prorogeable à 60 jours sur demande)
Le contradictoire
Pendant cette période, l'entreprise doit produire un argumentaire chiffré, sourcé et motivé sur chaque chef de redressement contesté. C'est l'étape qui détermine le succès ou l'échec de la contestation.
L'agent répond ensuite aux observations du cotisant. Le contradictoire prend fin par sa réponse ou par l'expiration du délai.
Les recours possibles
Étape 1 — Commission de Recours Amiable (CRA)
Après la mise en recouvrement (mise en demeure), l'entreprise peut saisir la Commission de Recours Amiable de l'URSSAF dans un délai de 2 mois. La CRA réexamine le dossier.
Étape 2 — Tribunal judiciaire (pôle social)
En cas de rejet de la CRA, l'entreprise peut saisir le Tribunal judiciaire spécialisé en matière sociale dans un délai de 2 mois. C'est la voie contentieuse classique.
Étape 3 — Cour d'appel et Cour de cassation
Les décisions du Tribunal judiciaire peuvent être portées devant la Cour d'appel, puis devant la Cour de cassation pour les questions de droit.
Plusieurs types de moyens peuvent fonder une contestation : vices de procédure (avis hors délai, défaut de signature, mention manquante de la charte), erreurs de droit (mauvaise interprétation d'un texte), erreurs de fait (calcul incorrect), prescription, principe de non-rétroactivité (Article L. 243-6-2 CSS).
Spécificités DOM
En outre-mer, deux spécificités à connaître :
- L'organisme de recouvrement n'est pas l'URSSAF mais la CGSS (Caisse Générale de Sécurité Sociale). À La Réunion : CGSS Réunion. Les procédures sont identiques.
- Les motifs de redressement portent souvent sur la LODEOM : barème inadapté, dégressivité mal calculée, salariés non éligibles inclus dans le dispositif. C'est la zone de vigilance principale.
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Quel est le délai entre l'avis de contrôle URSSAF et la première visite ?
Depuis le 14 avril 2023 (décret 2023-262), l'URSSAF doit adresser l'avis de contrôle au moins 30 jours avant la date de la première visite. Auparavant, le délai était de 15 jours. Si ce délai n'est pas respecté, la procédure peut être annulée en justice.
Sur combien d'années porte un contrôle URSSAF ?
Le contrôle porte sur les 3 dernières années civiles plus l'année en cours. En cas de suspicion de travail dissimulé, la période est portée à 5 ans (Article L. 244-3 CSS). Au-delà, les cotisations sont prescrites et ne peuvent plus faire l'objet d'un redressement.
Quel est le délai pour répondre à la lettre d'observations URSSAF ?
L'Article R. 243-59 III du Code de la Sécurité Sociale prévoit un délai de 30 jours à compter de la réception de la lettre d'observations. Ce délai peut être porté à 60 jours sur demande du cotisant. Pendant ce délai, l'entreprise produit ses observations chiffrées et motivées sur chaque chef de redressement contesté.
Que faire si je reçois un avis de contrôle URSSAF à La Réunion ?
Premièrement, ne pas paniquer : vous disposez de 30 jours. Deuxièmement, vérifier la régularité formelle de l'avis (date, signature, mention de la charte). Troisièmement, rassembler les documents susceptibles d'être demandés (DSN, paie, contrats, attestations). Quatrièmement, faire auditer en amont vos calculs LODEOM par un spécialiste pour anticiper les chefs de redressement possibles.
À La Réunion, c'est l'URSSAF ou la CGSS qui contrôle ?
C'est la CGSS Réunion (Caisse Générale de Sécurité Sociale) qui assume les missions de l'URSSAF dans les DOM. Les règles procédurales applicables sont identiques à celles de l'URSSAF métropolitaine.
Un redressement URSSAF peut-il être annulé pour vice de procédure ?
Oui. La jurisprudence est constante : si l'URSSAF ne respecte pas les règles de procédure (délai de 30 jours, mention obligatoire de la charte, signature de la lettre d'observations, mention du caractère concerté), la procédure peut être annulée en justice. Cela conduit à l'annulation pure et simple du redressement.
Sources officielles utilisées dans cet article
- Article L. 243-7 du Code de la Sécurité Sociale — Légifrance
- Article R. 243-59 du Code de la Sécurité Sociale (modifié par décret 2023-262) — Légifrance
- Article L. 243-12 du Code de la Sécurité Sociale (travail dissimulé) — Légifrance
- Article L. 243-6-2 du Code de la Sécurité Sociale (non-rétroactivité) — Légifrance
- Décret n°2023-262 du 12 avril 2023 — Légifrance / JO du 13 avril 2023
- Décret n°2025-1338 du 26 décembre 2025 (Charte BOSS) — Légifrance
- Charte du cotisant contrôlé — BOSS (Bulletin officiel de la sécurité sociale)
- URSSAF.fr — Le contrôle Urssaf
- Cass. civ. 2e, 16 février 2023, n°21-17.207 (contrôle concerté)
- Cass. civ. 2e, 4 décembre 2025, n°23-16.339 (signature lettre observations)